Figure illustre de l’Ancien Testament, Noé préfigure également la venue du Messie par les nombreux symboles prophétiques que comporte son histoire.
Noé dans l’Ancien Testament
Le récit principal de Noé se situe en Genèse. Alors que le monde est condamné pour sa méchanceté, Noé et sa famille, ainsi que les espèces animales, sont protégés d’un déluge qui s’abat sur la terre pour la renouveler. Après cela, une alliance s’établit entre Noé, sa descendance, et Dieu.
Noé est également mentionné à différents endroits dans l’Ancien Testament. En effet, son histoire évoque l’alliance nouvelle, et la fidélité de Dieu envers les hommes : « Dans un instant de colère, je t’avais un moment dérobé ma face, Mais avec un amour éternel j’aurai compassion de toi, dit ton rédempteur, l’Eternel. Il en sera pour moi comme des eaux de Noé : j’avais juré que les eaux de Noé ne se répandraient plus sur la terre ; je jure de même de ne plus m’irriter contre toi et de ne plus te menacer. Quand les montagnes s’éloigneraient, quand les collines chancelleraient, mon amour ne s’éloignera point de toi, et mon alliance de paix ne chancellera point, dit l’Éternel, qui a compassion de toi. » (Esaie 54 : 8-10)
Noé est une figure suprême de la justice. Il échappe à la colère à cause de sa foi et de son obéissance à Dieu : « Ou si j’envoyais la peste dans ce pays, si je répandais contre lui ma fureur par la mortalité, pour en exterminer les hommes et les bêtes, et qu’il y eût au milieu de lui Noé, Daniel et Job, je suis vivant ! dit le Seigneur, l’Eternel, ils ne sauveraient ni fils ni filles, mais ils sauveraient leur âme par leur justice. » (Ezéchiel 14 : 19-20)

Noé dans le Nouveau Testament
Dans le Nouveau Testament, Noé paraît comme un modèle de justice, sauvé de la catastrophe à cause de sa foi. En effet, un parallèle est dressé entre le déluge et la fin des temps, que constitue l’avènement du Seigneur Jésus-Christ, c’est-à-dire la venue du Christ sur Terre en Roi et Juge : « Ce qui arriva du temps de Noé arrivera de même à l’avènement du Fils de l’homme. Car, dans les jours qui précédèrent le déluge, les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; et ils ne se doutèrent de rien, jusqu’à ce que le déluge vînt et les emportât tous : il en sera de même à l’avènement du Fils de l’homme. Alors, de deux hommes qui seront dans un champ, l’un sera pris et l’autre laissé ; de deux femmes qui moudront à la meule, l’une sera prise et l’autre laissée. » (Matthieu 24 : 37 – 41) Noé est assimilé à celui qui veille ; par sa foi, il attend la promesse de Dieu. Cela peut nous faire penser à la parabole des vierges. Une partie du groupe sommeille et se laisse surprendre, et une autre partie, bien plus sage, guette l’arrivée de l’Époux. Désireuses de rejoindre le Christ et les réalités célestes, elles ne regardent pas à ce qui est terrestre : « En ce jour-là, que celui qui sera sur le toit, et qui aura ses effets dans la maison, ne descende pas pour les prendre ; et que celui qui sera dans les champs ne retourne pas non plus en arrière. Souvenez-vous de la femme de Lot. Celui qui cherchera à sauver sa vie la perdra, et celui qui la perdra la retrouvera. Je vous le dis, en cette nuit-là, de deux personnes qui seront dans un même lit, l’une sera prise et l’autre laissée ; de deux femmes qui moudront ensemble, l’une sera prise et l’autre laissée. De deux hommes qui seront dans un champ, l’un sera pris et l’autre laissé. » (Luc 17 : 31 – 36) Encore une fois, le Christ nous invite à perdre notre vie, afin de nous affectionner des « choses d’en haut » (Colossiens 3 : 2).
Ce qui distingua Noé des autres, c’est la foi qu’il a accordé à l’avertissement divin. Cette foi l’a conduit à agir : bâtir une arche. Puisque, nous ne pouvons distinguer la foi des œuvres. En effet, la foi est rendue « parfaite » par les œuvres (Jacques 2 : 22).
« Par la foi, Noé, étant averti divinement des choses qui ne se voyaient pas encore, craignit et bâtit une arche pour la conservation de sa maison; et par cette arche il condamna le monde et devint héritier de la justice qui est selon la foi. »
Hébreux 11 : 7
Par sa conduite, Noé condamnait le monde endurci. Durant les quelques décennies qui séparèrent le début de la fabrication de l’arche et le déluge, les hommes pouvaient observer ce qui se préparait. Toutefois, ils n’ont pas cru, et n’ont pas changé d’attitude. Noé est donc également considéré, par sa vie, comme un « prédicateur de la justice » : « Car, si Dieu n’a pas épargné les anges qui ont péché, mais s’il les a précipités dans les abîmes de ténèbres et les réserve pour le jugement ; s’il n’a pas épargné l’ancien monde, mais s’il a sauvé Noé, lui huitième, ce prédicateur de la justice, lorsqu’il fit venir le déluge sur un monde d’impies ; s’il a condamné à la destruction et réduit en cendres les villes de Sodome et de Gomorrhe, les donnant comme exemple aux impies à venir, et s’il a délivré le juste Lot, profondément attristé de la conduite de ces hommes sans frein dans leur dissolution car ce juste, qui habitait au milieu d’eux, tourmentait journellement son âme juste à cause de ce qu’il voyait et entendait de leurs oeuvres criminelles ; le Seigneur sait délivrer de l’épreuve les hommes pieux, et réserver les injustes pour être punis au jour du jugement, ceux surtout qui vont après la chair dans un désir d’impureté et qui méprisent l’autorité. » (2 Pierre 2 : 4 – 10)

Une préfiguration de Christ
Il n’existe qu’une arche, comme il n’existe qu’un médiateur et auteur du salut : Jésus-Christ. L’arche passe au travers des eaux du jugement, comme le croyant passe au travers du jugement par sa foi en l’œuvre de la croix : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. » (Jean 5 : 24) L’arche est faite de bois, ce qui nous rappelle le bois de la croix. L’arche est ensuite enduite d’un matériau protecteur, de la poix, qui, en hébreu, s’écrit כָּפַר (kaphar) ; ce terme signifie également « faire une expiation » ou « pacifier ». Cela annonce également le sacrifice de Jésus-Christ, qui s’est offert pour le monde, afin d’expier ses fautes. En outre, il n’existe qu’une seule porte sur l’arche, comme il n’existe qu’une seule porte au Ciel, à savoir le Christ : « Je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages. » (Jean 10 : 9). C’est Dieu Lui-même qui referme la porte sur Noé, car seul Lui est l’auteur du salut. Seul Lui est un refuge : « Il en entra, mâle et femelle, de toute chair, comme Dieu l’avait ordonné à Noé. Puis l’Eternel ferma la porte sur lui. » (Genèse 7 : 16).
« Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. »
(Romains 8 : 1)

Le déluge, quant à lui, préfigurait le baptême des croyants : « Christ aussi a souffert une fois pour les péchés, lui juste pour des injustes, afin de nous amener à Dieu, ayant été mis à mort quant à la chair, mais ayant été rendu vivant quant à l’Esprit, dans lequel aussi il est allé prêcher aux esprits en prison, qui autrefois avaient été incrédules, lorsque la patience de Dieu se prolongeait, aux jours de Noé, pendant la construction de l’arche, dans laquelle un petit nombre de personnes, c’est-à-dire, huit, furent sauvées à travers l’eau. Cette eau était une figure du baptême, qui n’est pas la purification des souillures du corps, mais l’engagement d’une bonne conscience envers Dieu, et qui maintenant vous sauve, vous aussi, par la résurrection de Jésus-Christ, qui est à la droite de Dieu, depuis qu’il est allé au ciel, et que les anges, les autorités et les puissances, lui ont été soumis. » (1 Pierre 2 : 18 – 22) Le baptême ne constitue pas, à proprement parler, une purification, car seule l’œuvre de la croix purifie les hommes (Hébreux 10 : 14), mais un engagement public à servir Dieu de tout notre être, esprit, âme et corps. Le baptême est indispensable au salut : « Jésus répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » (Jean 3 : 5).

« Car, par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés. »
Hébreux 10 : 14
Après la mort vient la résurrection. Ce qui suit le déluge est une nouvelle vie, une nouvelle création. De même, le croyant devient une nouvelle créature après son baptême d’eau et d’Esprit-Saint : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation. Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n’imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation. » (2 Corinthiens 5 : 17 – 19) Alors, une nouvelle alliance commence entre les hommes et Dieu, symbolisée par l’arc-en-ciel au temps de Noé. L’arc-en-ciel est composé de différentes couleurs, comme la lumière est composée de différentes longueurs d’onde formant les différentes nuances. Et nous n’ignorons pas que le Christ est la lumière du monde (Jean 8 : 12). Là-encore, cela peut constituer un rappel de la venue du Sauveur. Un arc-en-ciel se situe également autour du Trône de gloire, comme un rappel de la miséricorde que Dieu a manifesté envers sa création par le passé : « Aussitôt je fus ravi en esprit. Et voici, il y avait un trône dans le ciel, et sur ce trône quelqu’un était assis. Celui qui était assis avait l’aspect d’une pierre de jaspe et de sardoine; et le trône était environné d’un arc-en-ciel semblable à de l’émeraude. » (Apocalypse 4 : 2-3) Par ailleurs, le prénom Noé signifie « repos », car il n’y a de repos qu’avec la croix. Croix par laquelle les dominations spirituelles ont été dépouillées, notre péché expié, et notre chair crucifié. Après le sacrifice de Jésus-Christ sur la croix, une alliance nouvelle s’établit entre Dieu et les hommes se confiant au Fils et en son œuvre.
Nous pouvons donc prier avec assurance que Dieu soit tout en tous, par Jésus-Christ, comme Il est écrit :
« Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous. »
1 Corinthiens 15 : 28
